jeudi 10 mai 2018

Voyage au Maroc : jour 8 : trek dans les gorges du Dadés - dormir dans des grottes

Voyage au Maroc : jour 8 : 20 juin 2017 : trek dans les gorges du Dadés - dormir dans des grottes


Comme depuis tous les jours, nous avons eu le droit à un superbe petit déjeuner.


Nous avons préparé un petit sac pour partir pendant 2 nuits chez des nomades.
Départ à pieds depuis notre logement "Chez Pierre" pour un trek de 17,5 km en plein cagnards. Le paysage change a fur et à mesure que nous marchons. La végétation, des habitations, du blé coupé, des ruines, et puis des pierres... de la roche... des cailloux...


Rapidement je me suis sentie mal. Une grosse migraine est apparue, tellement forte que j'avais une vision en kaléidoscope.
Nous nous sommes arrêtés le midi pour manger dans le creux des gorges, et j'en ai profité pour dormir, à même le sol. Je n'ai pas été la seule.


Et pendant ce temps, Ven profite du ciel bleu qui perce entre les roches, protégés du soleil sous ce parasol naturel, en tentant d'imaginer qu'au sol, en hiver, il y a de l'eau!


Nous repartons et je vais beaucoup mieux. Même si ce trek était difficile, le paysage vaut le détour. D'une part car nous sommes TOTALEMENT SEULS, rien que tous les 2 et notre guide. Mais aussi car c'est MAGNIFIQUE!


Le trek a lieu notamment dans le nid d'une rivière dans les gorges du Dadés, et une partie du relief est connue sous le nom de "pattes de singes" suite aux formations rocheuses que l'érosion a sculpté ainsi.


Du soleil, une végétation qui se raréfie, beaucoup de kms dans mes jambes... nous n'avions pas assez prévu d'eau, ce fut difficile! 
Pas assez d'eau... quand je relis ces lignes je me demande encore comment a fait notre guide Lahcen pour faire ces kilomètres sans boire une seule goutte d'eau suite au Ramadan, je suis bluffée et j'ai vraiment beaucoup de respect pour lui !

Les chemins sont étroits, on se demande ce que nous allons voir après être passés derrière une roche.


Et parfois... le chemin n'est plus à l'horizontal mais à la verticale... et c'est en l'air que l'on regarde pour poursuivre notre trajet, et je peux vous garantir que cela a valu de bons fous rires!

"Mais que regarde Ven en hauteur?"


"Ah ok, on est dans un cul de sac... on fait demi-tour? Non? Vraiment?"


Je n'avais pas pensé que notre trek serait aussi de l'escalade ! Ceci n'a pas été facile de nous faufiler entre les trou, et grimper dans les gorges.


"Oh mais pourquoi il regarde encore en l'air Lahcen?"



"Ah ben on regrimpe!"


"Tu vois le ciel bleu là haut? Et bien c'est là bas le chemin... si si, il a fallu gravir tout ça!"


Une fois en haut, si on se retourne, on observe un bout du chemin parcouru et on voit que l'orage arrive...


J'ai pleuré une fois cette plus difficile des pentes gravies... pour la difficulté, et sans réussir vraiment à expliquer pourquoi, mais comme un sentiment qu'ENFIN je faisais quelque chose "pour moi". Même si faire quelque chose pour moi aurait plutôt voulu dire "un bon spa, un bon livre, un bon thé et une bonne pâtisserie", là je souffre "pour moi", pour un dépassement "de moi" !! C'est notre premier moment à tous les 2 sans les enfants, ce voyage a été un travail sur nous à plusieurs niveaux. 

Nous continuons le chemin, je marche lentement, je suis fatiguée, je n'en peux plus... 


Tout est aride devant moi : La petite tâche verte, c'est Venceslas...


Tout est aride derrière moi : 


Au détour du chemin, nous commençons à apercevoir, pas après pas, une oasis, perdue dans ces terres arides! Cette vision était bluffante : de la roche, de la sécheresse...


et d'un coup de la verdure, de la vie, de l'ombre! Après cette longue marche de 17,5 kms ce coin de verdure est comme le paradis!


Nous rencontrons nos hôtes, une famille de nomades. Par respect pour eux, il n'y aura pas de photos d'eux de manière directe. Seules quelques photos prises de loin ou de dos.


Ils nous offrent un thé à la menthe, que je savoure tout en ayant honte de le faire devant eux.
Nous nous reposons. Ven va faire un tour dans l'Oasis. Personnellement je ne peux plus faire un seul pas.


L'heure du Ftour est là et nous partageons avec cette famille ce moment important où l'on rompt le jeun. Nous sommes réunis dans une des cavités et buvons du thé, du café au lait et mangeons quelques mets dont des dattes, du pain avec des herbes...


Ils nous préparent un barbecue. Malheureusement je n'ai pas beaucoup faim. Nous en profitons pour aller faire un petit tour. Ven fait un barage... quel enfant !


Nous profitons de la pénombre pour aller faire un brin de toilette.
Il y a 3 cavités pour les chambres et la cuisine. Une tente sur une terrasse de terre : l'espace privilégié de notre hôte, du père de famille. Une ampoule nourrie par un petit panneau solaire qui ne fonctionne quasiment pas. Il y a sur le côté une étable de jours. Au dessus de la grotte une étable pour les bovins et ovins pour la nuit.

Ah oui, je n'ai ni mentionné de douche, d'eau courante ou de toilettes. Il y a une raison très simple : il n'y en a pas!
Alors comment nous faisons notre petit brin de toilette?

Alors pour les toilettes, je vous conseille le rocher sur votre droite, ou le petit creux là, dans la roche sur votre gauche... pour le papier de toilette, c'est bien d'y avoir pensé, et d'en avoir avec soi car il n'y en a pas! Comment tirons nous la chasse d'eau? Oh, un petit tas de cailloux par dessus fera l'affaire, et d'ici demain il n'y aura plus rien! Ma foi pour Venceslas cela reste plus facile que pour moi... un pan de roche pour la petite commission... et on le voit à peine... regardez il est sur la photo :


Et pour se laver... la rivière étant asséchée par cette saison aride, nous nous contenterons d'une petite source, toute petite qui jaillit du sol. (Demain je montrerai un peu plus...).


C'est difficile de se laver intimement, car il n'y a rien autour, la source est au milieu du lit de l'ancienne rivière, j'ai peur qu'on me voit. Même si il n'y a personne... il y a tout de même la famille de nomade (un couple avec leurs 4 filles et 2 garçons), c'est fou comme la pudeur fait partie de moi.

Et puis nous avons eu l'expérience de voir revenir une des filles avec les chèvres, qui ont traversé le lit asséchés de la rivière...


Nous revenons après notre petit "tour", nous observons, écoutons, vivons...
Aucune lumière, sauf celle du barbecue et des étoiles...


Nous regardons les étoiles. C'est la plus belle vue que j'ai eu sur les étoiles avec celle au Népal ! Je suis heureuse de revivre ce bonheur. Pas de pollution, aucune lumière : on voit les étoiles avec tellement de précisions! Je regrette juste de ne pas avoir de réseau pour pouvoir utiliser le téléphone pour les identifier avec précision. C'est magnifique! Rien que pour cela, ces 17,5 km valaient le coup!

L'heure de dormir arrive. Nous avons dormi sur un matelas, avec de vrais draps, mais dans une grotte, creusée à même la roche, sans porte, à part un simple linge!

Ven ne se sentait pas bien car il y avait beaucoup de poussières qui tombaient de la roche. Si nous tendions nos bras, on touchait les "murs". Je me suis sentie claustrophobe! J'avais peur des animaux pouvant rentrer !
La fatigue est tellement forte que l'on dort rapidement... Quelle journée! Quel moment! Je ne suis pas sure que beaucoup de personnes occidentales vivront cela. Est-ce que beaucoup de touristes vivent cela? Je doute ! Nous sommes privilégiés!
Je remercie grandement Nomad'Attitude pour ce planning, pour ce voyage d'exception, qui sans nulle doute, comme ils nous l'ont promis, est hors des sentiers touristiques! J'aime ça ! Et je le recommande!!! Car même si ceci est plus difficile qu'un confort balnéaire par exemple, cela restent des vacances extraordinaires, uniques!

1 commentaire:

  1. pannetrat sophie19 mai 2018 à 22:14

    super voyage et de magnifique paysage

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