mercredi 29 septembre 2010

Népal jour 4


29 Septembre 2010

Nous nous levons rapidement, préparons nos sacs.
Ce soir, nous ne dormons pas à Katmandou.

Nous nous rendons au café-restaurant de l'hôtel.
Nous y voyons 3 français, apparemment mécontents.
Ils viennent nous voir pour nous dire de ne pas manger ici, que la semaine dernière ils avaient été ravis, mais là... non.
Ils auraient attendu 1h30 pour être servis... des pancakes réchauffés.

Etant contents la veille... ON RESTE.

Gajju arrive. On lui raconte. Il se renseigne.

En fait, il est 10h et la patronne n'est pas encore arrivée. Tout est fermé à clé, et aucune personne n'a accès aux réserves de nourritures, hormis la patronne.
De plus, il apparaîtrait, que durant la nuit, il y a eu un changement de propriétaire, et l'ancien a tout pris... (un peu comme les petits lutins ou les petites souris qui viennent la nuit et qui prennent tout... pouf.. paf... paf... y'a plus rien...)

Hallucinant. Aucune pancarte pour prévenir. L'hôtel n'était même pas au courant. C'est ça le Népal !!

Du coup, Gajju tente de nous avoir des petits trucs à manger. Café, toasts, banane.

On descend nos surplus de bagages à l'accueil, et les laissons là en dépôt car nous reviendrons pour d'autres nuits.
Une fiche est remplie pour noter les bagages. Très pro.

On rencontre un autre guide français que Gajju connait (ils travaillaient ensemble avant), c'est le guide des français mécontents du petit-déjeuner. On le prévient pour qu'il leur explique ce qu'il s'est passé.
Plus tard, Gajju nous expliquera que ce guide a perdu 2 fils qui se sont suicidés sans raison apparente.
Quant à Gajju, c'est sa belle soeur qui a donné fin à ses jours, de même sans raison apparente.
C'est quelque chose de répandue, suite à la pauvreté, ou la drogue.

La tradition veut qu'une personne qui porte le deuil s'habille tout en blanc, de la tête aux pieds. Les hommes doivent se raser la tête.

Après ces explications, nous décidons d'offrir les chaussures de rando-sport que nous avons apporté pour Gajju. Il ne dit mot. Un merci tout timide.
Il faut savoir que les népalais ne montreront pas leur contentement face à un cadeau. C'est ainsi.
Et autre chose, dont on ferait bien de prendre note et à méditer : pour eux, un cadeau, quel qu’il soit est un présent important. Ce n'est pas la valeur qui compte. C'est le geste.
Elles sont rares les personnes en occident qui pensent ainsi. Nous espérons toujours quelque chose.

Plus tard, nous en aurons la preuve. Un geste bénin pour nous : nous offrons un chewing gum à un serveur et au chauffeur. Tout rigolo leur réaction...

Gajju nous explique que nos chewing gum sont différents des leurs. Comme le Coca Cola qu'ils fabriquent aussi au Népal.
Le gout est plus authentique. Plus fort. Meilleur.

Nous nous rendons dans la plus vieillie STUPPA du Népal (c'est une construction bouddhiste) à SWAYAMBHUNATH.
Elle est aussi nommée le temple des singes car nous y rencontrons beaucoup de singes en liberté... et des mendiants aussi...

La vue depuis ce site sur la vallée de Katmandou est étourdissante. Trop d'habitations, trop de pollution, TROP PEU de verdure !!!!
Les habitants ont eu une envie de s'étendre, mais ils n'ont plus de culture. Plus un arbre pour l'oxygène. Un nuage de pollution permanent flotte au dessus des bâtiments. Une sorte de voile funeste qui flotte au dessous d'eux, prête à s'étendre sur cette population à la prochaine construction qu'ils feront, pour les arracher à cette vie qu'ils détruisent.
Encore cette question : "Mais bon sang!! Sont-ils conscients du dégât qu'ils font???!!"

Ensuite, nous nous rendons au DURBAR SQUARE de Katmandou (un durbar square est une sorte de centre ville, avec des monuments religieux, temples, et palais royaux - des beautés pour les yeux!).
Ici, c'est différent. Aucune voiture ne circule. C'est un lieu de méditation. Des odeurs d'encens se mêlent aux odeurs des offrandes (offrandes journalières données aux représentations des dieux, très souvent, il s'agit de riz cuit, de noix de coco, des fleurs, ou de sang d'animaux...).
La place est beaucoup plus propre. Des couleurs partout. Les bâtiments, entre le rouge et le marron. Les statues, où des touches de rouge sont perpétuellement présentes.
Les femmes, toujours aussi jolies, avec leur couleur flamboyantes, leur sari, le rouge aux lèvres, le noir ébène de leur long cheveux, le tika sur leur front (le tika est une marque, très souvent rouge, faite de curcuma et parfois avec du riz, que les hindous apposent à leur front. Elle symbolise le 3ème oeil de Shiva, qui retient l’énergie à l'intérieur du corps, qui symbolise la sagesse spirituelle.) (vous verrez des représentations de Shiva dans nos photos, souvent, c'est celui en hauteur, qui danse, avec un trident et un cobra.).

Toutes ces couleurs nous interpellent, on ne sait plus qui ou quoi regarder. Des Sâdhu (Sadou) parcourent le Durbar Square. Se sont des saints hommes, qui coupent le lien avec leur famille, leur maison, l'argent. Ils arpentent les villes et ne vivent que des dons. Ils cherchent à atteindre la spiritualité plus rapidement ainsi.
On les reconnait à leur apparence : habillés d'un linge sommaire, peinturlurés de couleurs ocre, jaune ou orange, le visage blanc et maquillé.
Ils sont très souvent très souriants. Voire un peu trop dans leur spiritualité.
Malheureusement, le chemin vers la spiritualité est apparemment parsemé de déviances, telles que la drogue, et la mendicité.
Certes, ils ne vivent que de dons, mais ne doivent pas mendier.

Sur cette place, ils connaissent leur originalité, et aiment venir vers les touristes pour demander, tels les enfants : "une photo"... en demandant, une fois la photo prise, de l'argent.

Parmis ces temps, se trouve une architecture qui m'a touchée. Nous n'avons pas pu prendre de photo de l'intérieur, je vous expliquerai la raison ensuite.

Ce bâtiment est le Kumari Bahal (maison de Kumari). Kumari de Katmandou, est la Kumari Royale, petite fille actuellement âgée d'environ 7 à 9 ans.
Cette petite fille a un destin particulier, puisqu'elle est une déesse vivante, choisie par des 5 importants prêtres Bouddhistes, pour incarner la forme virginale des déesses Durga et Kali, déesses terrifiantes qui ne sont en fait, que les aspects féminins du Dieu Shiva.

Cette petite fille est sélectionnée selon 33 critères, dont celui de n'avoir aucune cicatrice sur sa peau, d'avoir des yeux noir profond (comme la déesse Kali), une dentition parfaite... et puis surtout, elle doit être très courageuse (comme la déesse Durga), et entre 3 et 5 ans, âge de sélection possible, elle doivent montrer leur courage en assistant aux sacrifices des buffles, en se promenant parmi leurs têtes découpées qui jonchent le sol rougeoyant de sang.

Une fois choisie, elle ne doit pas se mélanger au peuple, sauf durant les manifestations, où elle arpente les rues sur un char.
Lors de ses apparitions, elle doit rester neutre. Pas de grimace. Pas de sourire. Etre une statue.
De même, si elle vous sourit, ceci n'est pas un bon signe... elle rit du malin qu'elle voit en vous.
Elle cessera d'être Kumari lors de ces premières règles, cessant à ce moment d'être la réincarnation virginale et féminin de Shiva. Ou bien si elle se coupe, s'égratigne, une seule goutte de sang, cesse son règne.
Elle redeviendra celle qu'elle était avant. Pourra certes se marier, mais il est dit que son époux est voué à mourir jeune si il l'épouse... ce qui pousse les éventuelles futures belles à interdire à leurs fils de l'épouser.
Elle survivra avec les dons qui auront été fait dans le temple.

Nous avons eu la chance de la voir à sa fenêtre. Elle y est restée quelques secondes.
Son regard dans le mien durant tout ce temps était impressionnant.
Aucun rictus. Une statue vivante. Une enfant sur-maquillée, avec de lourdes charges.
Peut-être ceci vous fera sourire, ou même rire, mais sincèrement, on ressent en elle, en cette petite gamine, une maturité et une puissance.
Son regard était fort. Il nous transperce pour nous explorer.

Gajju dit qu'elle a trouvé quelque chose en moi de bon pour qu'elle soit restée si longtemps.
Vrai ou non, je suis troublée.

Nous repartons pour manger au restaurant à côté du travail de Gajju.
On mangera une soupe, des raviolis, des pâtes et du riz.
Après un repas aussi copieux, nous sommes allés faire une marche dans les montagnes alentours.
La végétation était abondante, dont des eucalyptus... sans koalas... :-(

Nous traversons des villages pittoresques, dans des gardiennes de chèvres, de petites maisons, de petits jardins...

Nous nous rendons ensuite à notre hôtel à Nagarkot. En pleine forêt, tout au bout d'un village qui ne paie pas de mine. L'hôtel "The Fort Resort" est tout simplement luxurieux.
Des bungalows individuels, accueillis avec du thé, une vue INCROYABLE... vue incroyable sur nos premiers sommets enneigés!!
Nous prenons une vraie douche CHAUDE... cela fait un bien fou!!!

Nous allons manger. La même chose que d'habitude : un népali.
Je prends un sweet lassi (un lassi juste sucré : excellent). Ven un martini rouge.

Tout était calme, nous étions les seules.

Avant de manger, nous avons demandé un accès à internet, nous sommes allés dans leur bureau privé.
Un vieux coucou... panne d’électricité...
L’ordinateur ne redémarrera pas.

Au Népal, du moins dans la Vallée de Katmandou, il y a très régulièrement des coupures d'éléctricité. Plusieurs fois par semaine, pouvant atteindre plusieurs heures.
La raison est la réquisition par l'Inde de 50% de l’électricité qu'ils produisent.

Le retour à la chambre 18 fut féerique parmi cette forêt, les cigales (qui font un bruit terrible !!!!)
Il fait déjà plus froid... l'intérieur du bungalow est humide. Très humide. Ceci étant du à la mousson tout juste terminée.

J'ai mal au ventre. Le lit est trop dur. Ces cigales m'agacent. Mes premières diarrhées. (ben oui je partage tout moi... et puis c'est humain... alors crotte de bic... c'est le cas de le dire!).

Est-ce du à la nourriture, ou à l'humidité?

Gajju nous a conseillé de ne lever à 5h pour voir le lever du soleil sur les monts enneigés.
Impatients de les voir nous mettons le radio réveil.

Le réveil sonne... je suis malade! Et une brume si épaisse a décidé de rester, nous empêchant de voir ces monts enneigés, mais aussi le bout de notre nez.

On tente de se rendormir. On y arrive un peu.
Mon mal de ventre est plus fort. Je crois que mon ventre me crie de cesser la nourriture népalaise. OK. J'en ai assez des épices de toute façon...

Je ferme un peu les yeux...

A demain...




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